Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 17:32

Samedi 12 décembre 


Oui oui, l’été semble arriver jusqu’au bout du monde, on a passé une journée hyper agréable à marcher en teeshirt au soleil hier, c’était top. Nous qui pensions qu’on amenait souvent la pluie, détrompez-vous et prévoyez de nous emmener l’année prochaine dans vos valises quand vous partirez en vacances, vous aurez beau temps !

 

Journée d’hier donc dans le parc national de la Terre de Feu, attention quand on pense où on est, on se dit que c’est incroyable d’aller s’y promener. C’était sympa, mais plutôt long et un peu fatiguant. En résumé, j’ai un peu grogné, parce que les pentes à monter dans les sous-bois, entre boue et arbres morts, n’en finissaient pas ! C’est qu’effectivement, il pleut quand même souvent dans le coin, et la neige n’a fondu que très récemment, résultat les chemins étaient bien boueux, donc pas évidents évidents. Et puis on s’est un peu perdus aussi, très peu d’infos, les rares indications ne sont pas notées sur la carte qu’ils te donnent, résultat c’est pas hyper facile de gérer le temps et les distances.

 

Enfin, tout cela mis à part, on a passé ue belle journée. Beaux points de vue sur les Andes enneigées, et surtout sur le canal de Beagle, c’était très beau. Plein d’animaux, des petits aigles ou des faucons selon Arnaud, des oies du coin, énormes et zébrées noir et blanc, très belles, des lapins… Il y a aussi des castors, mais on ne les a pas vus, ils vivent la nuit. En tout cas ils posent tellement de problèmes ici à construire des barrages et à détruire les forêts que les rangers en éliminent certains histoire de réduire les colonies.

 

On est passés à travers de petits lacs envahis d’arbres morts (mais c’était très beau quand même, on voudrait juste savoir pourquoi autant d’arbres morts : le vent, le rude climat, les castors ?), on a longé aussi le canal. Plages de cailloux gris verts, eau transparente, petites criques, parfois on se serait crus en Méditerranée, c’était très beau. On a fait une escale dans une baie, séance bronzette c’était super agréable. Chaleur du soleil, séquence crème solaire, on prépare la semaine prochaine c’était bien sympathique.

 

Et puis le temps a changé en deux minutes, mais on était presque arrivés, moindre mal. Bonne petite pluie, retour du vent, dans ce pays pas de transition ! Mais nous on s’est attablés dans le resto du parc en attendant notre navette, et on confirme qu’on apprécie les petites patisseries argentines, hum c’est un délice !

 

Retour à l’hotel bien mérité donc après nos 11 kilomètres de marche, on entretient notre ligne, c’est bien. Et repas tranquillous avec deux australiens, décidémment ils sont bien cools ces îliens, ils nous ont donné des plans pour notre semaine en Uruguay, merci merci. On s’est aussi regardé un des films que Jean-Pascal nous avait donné, ça a bien fini la soirée.

 

Donc voilà. Aujourd’hui c’est dimanche on va aller doucement faire deux trois courses avant que le supermarché ne ferme, et puis on ira sur iinternet voir les horaires du bâteau pour Colonia, en Uruguay. On va aussi aller visiter l’ancien bagne d’Ushuaia, et puis c’est à peu près tout. Demain lundi on loue notre voiture on part un peu sur les routes, et on prendra notre avion à 22 heures, journée bien chargée donc on va aller doucement aujourd’hui !

 

Ah oui, au fait, on a bien discuté avec le proprio de la pension. Les habitants d’Ushuaia, sont, pour lui, les plus riches d’Argentine. Ils vivent du pétrôle et du gaz principalement, ceci explique cela. Et ici, tout est fait pour inciter les gens à venir, puis à rester. Résultat, suppression de tous les impôts (aucun impôt, ni local ni pro ni sur le revenu, ni même de tva), gaz et électricité à prix modique (il paie moins de 1€ par jour pour chauffer au gaz une maison de 200 mètres carrés habitée par une trentaine de touristes), nourriture très peu chère, billets d’avion aidés et prime de froid donnée par le gouvernement à chaque habitant de la Terre de feu.. Il nous disait donc que les gens restaient ici pour le fric uniquement, et que la plupart des bicoques qu’on voit ici appartiennent à des « fueginos » super riches.. Sa maison de 200 mètres carrés coûte ici 600 000 dollars, incroyable, non ? Les business marchent bien, les commerces sont tous ouverts jusqu’à 21h ou 22h, voire même minuit pour la boulangerie, hallucinant, les hôtels sont pleins et chers, bref pour qui est seulement interessé par le fric, c’est la belle vie ici !! Enfin franchement il faut vraiment le vouloir, parce que l’hiver ici, c’est rafales de vent à 120 kilomètres heure, neige, nuit de 16h à 10h du matin et froid polaire,et pendant l’été,on n’ arrête pas le chauffage !!!

Par A&S - Publié dans : Argentine
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 17:29

Jeudi 10 et Vendredi 11 décembre : 

 

On est à Ushuaia, et c’est à peine croyable… Endroit rêvé du voyage s’il en était un, sentiment d’inaccessibilité et d’éloignement maximal et surtout dernière étape de notre voyage, et bien ça y est, nous y voilà, et c’est assez magique.

 

La journée d’hier a été longue, mais enfin le concept de fin du monde montre que le marketing fonctionne, on a passé 10 heures entre le Chili et l’Argentine pour atteindre cette ultime destination, on a été contents d’arriver.

 

Voyage crevant car peu confortable, mais cependant on a traversé en ferry le détroit de Magellan, et quand même ça fait partie des bons souvenirs.. Le passage de ce détroit marque l’entrée en Terre de Feu. Finalement, cette ultime terre avant l’Antartique, mi-chilienne mi argentine, est une île, bordée par ce canal au nord et le Cap Horn au sud… Aujourd’hui, canal de Panama oblige, il n’y a casiment plus aucun porte-conteneurs gigantesques qui le traversent, mais par contre il est habité par les dauphins toninas (qu’on avait vus vers Puerto Madryn) et c’était trop fort de les revoir jouer dans les vagues, ces petits animaux blancs et noirs.

 

Les paysages ont au début, ressemblé franchement aux paysages patagoniens : étendues de steppe plus ou moins plates, milliers de moutons, estancias construites au milieu de nulle part… et route non goudronnée jusqu’à la frontière chilienne. Arrivée à San Sebastien, on a retrouvé l’Antlantique, océan un peu boueux à cet endroit là, et sans vague aucune alors que le vent s’en donnait à cœur joie. Après le passage de la frontière argentine, la végétation a changé, et on a retrouvé les Andes, le début (ou la fin) de cette immense cordillère.. Sommets enneigés, routes en zigzags, torrents, sapins, bref ça y est la montagne est réapparue. Jusqu’à l’arrivée à Ushuaia, ville construite dans la baie, face au canal de Beagle. Et on peut dire qu’on était dressés sur nos sièges pour admirer la ville..

 

Premières impressions un peu mouillées, un peu ventées, un peu frisquettes, quoi ! On a été surpris par la quantité de maisons en tôle, toutes rapiécées, c’est assez incroyable de penser que des gens vivent dans ces cabanes ici.. Un peu de grisaille, de herbes folles, des constructions anarchiques, on est vraiment loin, ça se sent.. En tout cas c’est top touristique car on a eu un peu de mal à trouver une maison. C’est la dernière fois qu’on devait vadrouiller avec nos bouquins et nos sacs à dos, et on a été bien servis.. Déjà, ville en pente, donc c’est vite fatigant après 10 heures de bus de se payer de bonnes montées avec le sac à dos.. Et ensuite, hotels pleins, aie aie aie, ou chers, deux fois plus chers en moyenne que partout ailleurs en Patagonie. Places en dortoirs face à une discothèque, hôtels sans cuisine, bref ça n’a pas été super facile, enfin bon on a eu de la chance, on a trouvé un petit hôtel qui a l’air plutôt calme, super propre, une chambre rien que pour nous deux, une cuisine, mais par contre pas d’internet, ici on ne peut pas tout avoir… Donc bref ça fera bien l’affaire, on a bien chaud et c’est assez confortable, on a été ravis d’y poser nos « mochillas » (sacs à dos en espagnol).

 

Reprise des carnets un peu plus tard… Le soir tombe, mais pas la nuit, grand jour alors qu’il est 20h30, ça continue à nous surprendre. On est en train de préparer à dîner, tranquilles. Au menu, asperges, puis poisson et riz. Alors niveau nourriture ici, pas mal de surprises.. Déjà, pas de poisson, nulle part. Bon, c’est pas qu’on est au Cap Horn, mais presque, enfin non, ici, que de la viande dans les supermercados. On a trouvé une poissonerie, mais on s’est cassé les dents deux fois dessus, et là on en revient, et nous n’avons trouvé que du poisson surgelé, bref, bien décevant, on hallucine. Enfin bon ça fait 15 jours qu’on a envie de poisson, qu’on est soit au Chili soit en Argentine, mais que non, il n’y a rien à acheter. On s’est rabattus ce soir sur un long filet d’un poisson qui ne vient même pas d’ici, bref tant pis ça sera toujours ça. Ensuite, autre surprise, les prix : franchement c’est moins cher qu’au Chili, même au bout du monde c’est pas si cher que ça. Et en plus, c’est l’été, donc on va manger des pêches en dessert, la grande classe.

 

Sinon, cet aprem a été un peu un peu laborieuse, enfin bon on y est arrivés. On avait décidé de changer notre date des billets Ushuaia-Buenos Aires. Ça nous a pris deux bonnes heures, entre le café internet pour appeler l’agence en France, puis l’attente chez Aerolineas Argentinas, bref, 120 dollars plus tard on est ressortis avec de nouveaux billets, en se disant qu’on aurait dû les réserver pour le jour d’avant, bref tant pis.

Ensuite, on avait fait nos plans pour visiter Ushuaia et les environs jusqu’à ce que j’ai la bonne idée de rentrer chez un loueur de voitures.. résultat on a encore tout changer et on louera une voiture lundi, bref bref. Entre temps Arnaud a mis une demi-heure a trouver une banque pour changer de l’argent, (qui, en passant, n’accepte pas les pesos chiliens alors qu’ils sont complètement entourés par le Chili.,) et on a fait le tour de la rue principale au moins 50 fois, enfin maintenant on connaît bien Ushuaia, on va pouvoir vous raconter la Calle San Martin par cœur.

 

En tout cas, on a eu beau temps, voire même chaud, avec un coin de ciel bleu et du soleil. Le proprio de la pension s’est même écrié ce matin, voyant qu’il ne pleuvait pas, « quel beau jour, quel temps magnifique », on ne serait pas allés jusque là mais effectivement il a eu raison, il a fait beau. En ce moment on a le vent en poupe avec le soleil, pourvu que ça continue demain on a prévu le pique nique au parc naturel du coin, on aimerait bien en profiter sous la chaleur printanière australe !

 

Par A&S - Publié dans : Argentine
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 02:46

Mercredi 9 décembre

 

On dort ce soir à Punta Arenas, la  dernière « grosse » ville chilienne avant la fin du continent sud-américain.. Prochaine étape, Ushuaia demain soir, après 12 heures de bus, je sens que ça va être un peu long ! En plus là on n’est pas en Argentine, résultat les bus ne sont ni cama ni semi cama ni tutoletto, ce sont des bus normaux, à la française, bref on sera un peu moins confort, enfin bon c’est comme ça.

 

Magellan. Pour la petite histoire on a voulu aller le voir, ce fameux détroit, tout à l’heure, et résultat après être partis dans la mauvaise direction on a fini par se contenter de le voir de très loin On a donc quitté Puerto Natales ce matin après y avoir passé une belle journée hier. On s’est dit qu’on voulait voir une autre ville du coin. Celle-ci a été construite au bord du détroit de, c’était trop de marche, tant pis on a abdiqué on pense en profiter demain..du bus !

 

Petite vadrouille dans la ville, et même sentiment « d’abandon » ici qu’à Puerto Natales.. Herbes un peu folles, pissenlits en fleur de partout, beaucoup de soleil, maisons en tôle colorées et peintures qui s’écaillent, on s’y sent bien mais on a l’impression que tout est un peu vieillissant.

 

On dort ce soir dans une pension qui tient plus de la colocation que du réel hotel, c’était encore empli de français on a discuté de la vie locale avec les 3 filles, encore une rencontre bien sympathique. Et oui, au fait, on a mangé du melon et des cerises toute l’après-midi, c’est l’été ici, et ça fait du bien, c’était la première fois de l’année qu’on goûtait aux burlats, qu’est-ce que c’est bon !  

Par A&S - Publié dans : Argentine
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 00:16

Du 3 au 8 décembre :

 

Mardi 8 décembre, 19h, grand soleil, chaleur, crème solaire et lunettes de soleil obligatoires, on vient de passer la journée à ne rien faire à Puerto Natales et ça fait du bien.. On s’est même offert une bonne petite glace sur le chemin de notre petit tour dans la ville, en l’honneur de notre trek, du soleil, de la fin du tour du monde et des bons moments de la vie en général… Mon grand père paternel est décédé la semaine dernière, et encore une fois ça nous ramène au concept qu’on a mis en application tous les jours en 2009, profitons de chaque jour et faisons en sorte de faire ce qu’il nous plait le plus souvent possible, ça sera ça de pris et toujours ça de gagné…

 

On revient donc de notre « expédition trek et sacs à dos » dans le parc naturel des Torres del Paine et c’était incroyablement génial.

 

Génial d’abord, parce qu’on a passé 5 très bons jours avec Mathieu, Perrine, Pauline, John et Pierre, passionnés de montagnes et de sommets, âgés de 25-26 ans, connaisseurs du camping, des treks en autonomie, et de la montagne en général, c’était top d’entreprendre l’aventure avec eux, on a bien rigolé et on s’est bien soutenus.

 

Génial ensuite parce qu’on a eu un temps inespéré. On avait bien attendu exprès la fin du voyage pour descendre en Patagonie, puisque plus on se rapproche de l’été austral plus les risques de beau temps sont grands, enfin bon jamais on aurait cru avoir 5 jours de beau temps, très peu de vent et surtout très peu de froid. Je m’imaginais devoir marcher sous la pluie, voire la neige, pendant de longues heures, puis devoir m’emmitoufler dans mon duvet habillée de mon goretex, et bien pas du tout, on a pu profiter, et apprécier, être dehors nuit et jour pendant cette petite semaine. Seul le premier jour a été venté, au point même de m’avoir fait peur, j’ai cru que ça allait me soulever tellement que c’était puissant. Arnaud s’est rapproché et m’a aidé à marcher, mais même à deux, serrés l’un contre l’autre, et épaissis du poids de nos sacs à dos, on arrivait difficilement à avancer, le vent nous jetait par terre voire nous déséquilibrait vraiment, le passage dans cette vallée a été bien difficile. Sinon, beau temps, voire même chaleur les deux derniers jours. Nous qui avions loué des pantalons imperméables et les sacs de couchage les plus résistants au froid de Puerto Natales (ils pouvaient aller jusqu’à moins 18 degrés), nous étions presque suréquipés.. Enfin bon tout est relatif puisque même si je n’ai pas eu froid, j’étais bien contente le soir de me glisser dans ce duvet bien épais, habillée quand même de mon fuseau, restons raisonnable !

 

Incroyable aussi, puisque c’était la première fois qu’on partait en rando en autonomie, sacs de couchage, tente et nourriture prévus pour le trek, sans ravitaillement. Heureusement que nos savoyards étaient là, ils nous ont montré comment préparer ce genre de mini expédition, et jamais j’aurai cru faire ça de ma vie ! Au programme : la chasse au poids. On a commencé par aller faire les courses les plus light possible.

 

Aux menus : un peu la même chose chaque jour, mais c’était bien pensé. Le matin, petit dej café ou cacao, et pain avec confiture. Attention, oubliez la brique de lait, tout était lyophilisé, c’est beaucoup moins lourd, donc c’était lait en poudre. A midi, pas de chaud, histoire de ne pas avoir à sortir de réchaud, de couteaux, bols etc et de devoir faire la vaisselle. Donc, au menu, sandwichs avec pâté ou jambon, et fromage. On avait calculé le fromage à la tranche près, 3 tranches chacun sur 5 midis, et idem pour la « viande ». On a découvert le pâté chilien en forme de saucisse en plastique, c’est finalement aussi bon que notre pâté à nous en conserve, c’est juste la forme qui change, mais on était ravis de constater que ce n’était pas si mauvais ! Et le soir, c’est parti pour la popote, attention, soupe lyophilisée style Knoor, suivie de pâtes, 250 grammes chacun par soir (choisies selon leur cuisson la plus rapide possible), accompagnées d’une sauce tomate et de parmesan, attention le luxe. Pour arroser le tout, eau des torrents, glacée mais potable et purissime en fait, et une bouteille de vin par soir, il ne faut quand même pas se laisser abattre. Certes c’est lourd dans le sac à dos, mais ça vaut vraiment la peine ! En dessert, petit thé et une tablette de chocolat par soir, qu’est-ce que ça fait du bien de manger ces délicieux carreaux sans culpabilité aucune, on a marché en tout 76 kilomètres, c’était donc bien mérité !

 

Chasse au poids ensuite au niveau de l’équipement. Mathieu nous avait dit de bien demander les poids en louant le matériel, donc on a essayé de prendre le plus light possible. Mais bon, au final, le sac à dos d’Arnaud pesait bien 15 kilos : 1 tente avec tous les piquets, les sacs de couchage bien épais, un peu de nourriture, un peu de pharmacie, ça va assez vite.. Bon, ce ne sont ni les affaires de rechange ni les savons qui ont pesé, puisqu’en gros on n’en avait pas… On avait un set de rechange seulement (on vous laisse imaginer), et ni gel douche ni pas grand-chose d’autre, vu qu’on n’allait pas se laver, inutile de se charger… Un tour du monde ça vous change quand même un peu, parce que vous nous auriez dit début 2009 qu’on allait transpirer comme des dingues et ne pas se laver pendant 5 jours je crois qu’on n’aurait pas suivi. Mais là si, on a fait notre sac en fonction, et on est partis en souriant… Résultat on a quand même coulé marron sous la douche en rentrant de l’hôtel, on a aussi reculé devant l’odeur quand on a fait notre pile de linge sale à porter à la laverie, c’était assez incroyable !!!!!!!!!! On avait quand même bien trempé nos pieds dans un torrent le troisième soir, Arnaud avait aussi eu le courage d’enlever le haut et de se frotter un peu avec du savon, mais c’était loin d’être suffisant, franchement on a dû en rebuter plus d’un dans le bus du retour, bref bref bref…

 

Pour la petite histoire j’étais la moins chargée des sept, ils m’ont bien épargnée. Il faut dire que je ne pensais pas pouvoir les suivre, je pensais me transformer en boulet du groupe, je leur avais bien dit que je n’avais pas d’entrainement. Résultat j’ai porté les tapis de sol (plus léger tu meurs), les vêtements, une bouteille de vin (jusqu’au dernier jour quand même !!), le pain et je me suis auto désignée préposée à la poubelle, vu qu’on devait les garder avec nous pour ne les jeter qu’aux refuges sur le chemin.. Ça ce n’était pas le plus lourd mais bon, avec une bouteille vide par soir, c’était toujours ça que les autres n’ont pas dû porter. Il n’empêche, j’ai fini par avoir mal aux crétillacs (on était avec des kinés on a appris des mots), et Arnaud, même en galopant en tête, a bien eu mal au dos, on a été des bons bourricots, on a bien monté nos charges !

 

Inoubliable expérience car les chemins sont très beaux. Vues sur les lagunes azures ou couleur bleu glacier un peu laiteux, icebergs qui se promènent, glaciers aussi grands que le Perito Moreno qu’on pourrait toucher tellement ils sont près.. plages de galets ou de sable noir, petits canards, montagnes enneigées autour de nous, condors à profusion, petits arbustes et bosquets de fleurs rouges magnifiques, on est contents de nos photos. Soleil jusqu’à 22 heures, crème solaire 50, traversée de petits ruisseaux sur des ponts de fortune en bois, on était bien.

Les sentiers ne sont pas si difficiles. Il y a bien sûr de longues montées et des descentes pleines de cailloux, mais globalement, seul l’avant dernier jour a été difficile, on a eu un dénivelé de 800 mètres à monter, avec des pentes pleines de sable et quelque fois casi verticales, j’ai bien cru que jamais ça ne finirait. Sinon, c’était de longues journées de marche, puisqu’on avait un peu moins de 20 kilomètres à faire quotidiennement, mais on avait des moments de plat relatif, ça allait. Enfin bon, ils avaient un bon rythme quand même, malgré l’entorse de Pauline, je crois bien que jamais je n’avais marché aussi vite ! Mais bon, le temps est quand même vite passé.. une fois tu refais le monde avec une des filles, une fois tu marches toute seule, une fois ton Arnaud t’attend et ralentit une demi-heure pour rester avec toi, résultat ça passe, ça passe !

 

C’était top aussi parce que bien sûr, on n’a pas fait les choses exactement comme tout le monde et on a beaucoup apprécié. Le parcours est jalonné de campings payants et d’aires de campements gratuits. Mais bien sûr, nous on a préféré trouver notre propre campement. On n’a pas été du genre à planter notre tente à deux centimètres de notre voisin ! Résultat les garçons nous ont trouvé des endroits magnifiques, plus ou moins bien cachés du champ de vision des rangers, mais c’est bien passé.

Première nuit sur une plage de sable noir, sur les berges du « lago grey », avec vue imprenable sur le glacier. Vaisselle et brossage de dents agenouillés au dessus du lac, coucher de soleil rien que pour nous, la classe. Le lendemain, campement dans la « valle del frances », littéralement au pied du glacier du même nom. Cette fois-ci, on s’est bien fait repérer car le sentier passait bien au dessus de notre endroit de prédilection, mais c’était magnifique. On a admiré des avalanches toute la soirée, et on a planté la tente entre la rivière et un petit lac, c’était très chouette. Seule soirée un peu ventée d’ailleurs. Arnaud, en allant faire la vaisselle, a laissé un coup de vent emporter notre casserole… Heureusement qu’on avait 3 casseroles pour 7, on a pu continuer le tour en mangeant chaud tous les soirs quand même.. Sinon, si on n’avait été tous les deux, on aurait eu un problème, car on n’aurait plus rien eu pour chauffer l’eau pour le café, les pâtes et le thé ! Enfin bon nous les débutants on était bien entourés, donc ça restera juste un bon souvenir, voir revenir Arnaud sans la popote et l’entendre dire qu’elle est partie avec le courant, c’était assez rigolo… !!

Troisième nuit sur un terrain un peu penché, mais avec vue sur le lac Nordenskjold, c’était très beau. C’est le soir où on s’est « lavés » dans la rivière, on a eu le sentiment de sentir un peu le propre c’est réconfortant. Et dernière nuit, attention attention, au pied des monts Torres del Paine, la grande classe, face à l’objectif des 5 jours de marche, il fallait le faire. Là, c’était assez dur en fait, puisque normalement, les randonneurs laissent leurs sacs au campement en aval, puis entreprennent cette montée très raide sans leurs sacs à dos. Mais nous, on voulait admirer et le coucher du soleil et le lever sur les tours, résultat on est montés avec les sacs. Tous les gens qui nous ont croisé nous ont demandé ce qu’on fabriquait, c’est clair que cette partie était difficile.

En arrivant on a été vraiment récompensés : le vent est tombé, les gens sont petit à petit redescendus, Pierre nous a trouvé un emplacement phénoménal pour les tentes car carrément abrité du peu de vent, et on s’est offert un repas pantagruélique.. D’abord Perrine a fêté ses 25 ans, donc on avait prévu des cakes, ensuite, on a profité de la nourriture de Pauline, Pierre et John : ils avaient prévu des vivres pour 8 jours car ils voulaient continuer un peu l’aventure, mais ont finalement décidé de redescendre avec nous, résultat on a eu droit à deux bouteilles de vin, à une double ration de pâtes, à du dulce de leche et à une tablette de choc supplémentaire, la grande classe. Bref, très belle soirée, avec les tours et leur lagune rien que pour nous. Et très beau lever du soleil. Il y avait quand même une vingtaine de passionnés qui eux s’étaient levés à 4h du mat pour pouvoir être sur le site à 5h, mais nous, aussitôt levés aussitôt recouchés dans notre duvet bien chaud, c’était grand luxe.

 

Donc voilà, c’était une très belle expérience. J’ai apprécié le camping au milieu de nulle part, la marche et le corps qui suit alors que je ne m’en pensais pas capable. On a apprécié ces moments de calme, où tu perds un peu la notion du temps, et ses soirées tranquilles en buvant notre vin dans nos tasses en plastique.. C’est sûr, je ne ferai pas des randos de 15 jours, parce que c’est dur physiquement et que c’est loin d’être confortable, mais on est désormais prêts à des petits bivouacs de 3-4 jours, en plein été.. Du beau temps, un bon bouquin, du saucisson, une bonne bouteille et de bons duvets, des torrents un peu moins froids dans lesquels tu peux te laver un peu, et franchement c’est super de faire le vide comme ça et de profiter de paysages magnifiques ! Nos guides nous ont en plus donné plein d’idées de randos faciles à faire en France, alors peut être qu’un jour on achètera une tente, qui sait ???

 

Voili voilou. 20 heures maintenant, et toujours ce sentiment qu’il est 15 heures vu le soleil qu’il y a, on va aller préparer un peu à manger.. Des légumes, parce que quand même on en avait besoin. Demain finalement on n’ira pas direct à Ushuaia, on a tellement trainaillé aujourd’hui qu’en arrivant au guichet pour les tickets de bus, tout était plein pour demain (c’est la première fois du voyage que ça nous arrive), on ira donc à Punta Arenas. On va quand même quitter cette pension « Maria Jose (av Esmeralda), qui était bien parce qu’on avait une salle de bains pour nous, mais bon niveau bruit et propreté on repassera quand même.. Enfin bon leur wifi nous a bien servi aujourd’hui, c’est déjà ça, on est contents que vous puissiez profiter de nos aventures sans trop de retard ! 

Par A&S - Publié dans : Argentine
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 20:24

 

Vendredi 27 novembre :

 

On a quitté El Calafate ce matin tôt pour rejoindre El Chalten, pueblo point de départ pour de nombreux treks dans le nord du parc national des glaciers. Ici pas de signaux pour les téléphones portables, casi pas d’internet, un ATM et une route goudronnée jusqu’à El Calafate depuis très peu, on est encore une fois bien loin de tout ! En tout cas, je ne sais pas si c’est parce que ça sent la fin, mais on n’arrête pas en ce moment, je sens qu’on veut en profiter à fond, tant mieux comme ça mais il va falloir qu’on arrive à dormir un peu plus tard que jusqu’à 6h30 un de ces quatre, sinon on ne va pas arriver entiers à Ushuaia !

 

Bref, les bus partaient soit à 8h soit à 13h, on a donc préféré prendre le premier histoire de profiter de l’après-midi tranquilles. Adieux grasses matinées, mais hommage au soleil, puisqu’après le déluge de vent et de pluie d’hier soir, il a fait grand beau aujourd’hui, c’était phénoménal. D’ailleurs ça fait une semaine qu’on n’a pas vu la nuit, même en se couchant à 22h30 il ne fait pas encore vraiment sombre, et quand on ouvre les yeux, même tôt, c’est déjà plein soleil. Enfin ça n’a pas l’air de trop les déranger puisque même ici il n’y a pas de volets, des petits rideaux blancs de rien du tout, bref on commence à avoir l’habitude de dormir avec les masques pour les yeux qu’ils te donnent dans les avions !

 

Route magnifique, à travers plaines, steppes, lac Argentino puis lac Viedma. Couleurs turquoises, glaciers en arrière fond, et tout à coup, le massif du Fitz Roy, impressionnant. C’est lui qu’on est venu voir, et il nous a accueilli majestueusement, car avec ce soleil c’était vraiment magnifique. On a retrouvé les Andes, ouf ça commençait à nous manquer. Sauf que là, ça diffère des Andes boliviennes ou péruviennes. D’abord on est bas, puisqu’au niveau de la mer, et le massif culmine « seulement » à 3500m d’altitude. En Bolivie c’était un tout petit minimum ! Ensuite c’est une des premières fois qu’on voit des sommets enneigés. Et c’est très beau. Du blanc immaculé, des glaciers en arrière fond, des nuages tous plats qui s’y accrochent, on a eu un superbe spectacle cet aprem.

 

Le bus a mis 3 heures à faire le chemin, il faisait un vent de dingue mais on est arrivés à bon port. Et encore une fois on n’a pas trop galéré pour trouver un lit. Des anglais nous avaient parlé d’une pension pas mal et pas trop chère, on s’était plus ou moins renseignés sur les prix pratiqués, donc on s’est rendus directement au camping El Refugio, on a une chambre pour nous, c’est très propre et dans notre budget, on y est donc restés. On est au beau milieu du village, bien situés donc, ça fera l’affaire, même si on est encore dans des lits superposés !!!

 

Soleil de dingue, et prévisions météo plutôt pluvieuses pour les 2 jours à venir, alors plutôt que de se poser tranquillous dans le pré d’à côté avec un bouquin, on est partis en ballade cet après-midi. Le coin est vraiment mignon, et ça nous change de voir ces sommets enneigés et la campagne verdoyante environnante. Après les déserts patagoniens, c’est bizarre de constater cette différence dans les paysages, à seulement 3 heures de bus !

 

On a opté pour une mini randonnée, jusqu’à deux miradors, histoire d’observer le massif du Fitz Roy ainsi que le lac Viedma. Chemins bien balisés, super bon accueil des rangers qui donnent plein d’infos, bref c’était très bien, pas trop dur, parfait pour une remise en forme. On a même vu des condors, attention c’est peu dire, des aigles aussi et plein d’autres oiseaux dont on ne connaît pas le nom. Des belles fleurs rouges qui nous ont permis de faire des photos un peu kitsch, un couple de suisses qu’on arrête pas de croiser depuis Rio Gallegos, un petit lac et de beaux points de vue.

 

Et on vient de se poser, ah, joie bonheur dans nos petits lits superposés. Goûter avec leurs petites viennoiseries argentines, franchement leurs croissants à la crème ne sont pas mal du tout, et moments à ne rien faire, si si, ça existe, même pendant un tour du monde on n avait oublié ce que c’était, ça fait trop du bien !

 

 

Samedi 28 novembre :

 

16h, on est de retour dans notre petit refuge, crevés mais pas trop, et bien contents de notre journée. Le vent souffle très fort, on est bien à l’abri sous nos couvertures, et on regarde à la fenêtre le champ à côté de notre chambre, dans lequel sont plantées une dizaine de tentes.

 

Et oui, un groupe de fous du camping est arrivé hier, moyenne d’âge la bonne cinquantaine, ils ont monté leur tente en moins de deux puis sont partis hyper équipés pour une petite randonnée. Le soir, pendant qu’on était bien tranquilles à refaire le monde, au chaud, avec deux français qui viennent de passer deux ans à San Paulo, on les a observés aller se doucher dans la cabiotte au fond du jardin, et faire du feu histoire de préparer leur repas. Plein vent, au froid, capuches et polaires de sortie, franchement je me demande comment tu peux arriver à aimer ça. Surtout à deux mètres d’une bonne maison en dur…

 

Bref, tout ça pour dire que ça fait du bien de se retrouver à l’abri du vent, ça souffle dans ce pays ! On a passé la journée dehors, sur le sentier de la Laguna Torre, et il ne nous a pas vraiment quitté. Au lever, ce matin, il pluvinait, le temps était couvert, mais bon, on s’est habillés, et on ne s’est pas dégonflés, on est partis pour nos 22 kilomètres de marche. Les cartes indiquaient 6h de marche aller-retour, un tout petit dénivelé de 250 mètres, et surtout la promesse de voir le Glacier Grande de près, et le lac devant qui va avec, la laguna Torre. On pouvait aussi observer le Cerro Torre, mont voisin du Fitz Roy, tout enneigé, mais ça n’a pas été super possible, le temps est resté bien gris.

 

Bref, on s’est dit qu’on essayait, et qu’on rebrousserait chemin si jamais le temps se gâtait. Au final, on est allés jusqu’au bout. Bon, j’ai bien râlé un peu contre les rafales de vent et la pluie qui est venue nous chatouiller assez régulièrement, mais au final c’était assez facile, et assez agréable. Un énorme lapin nous a accueilli à l’entrée du sentier, on a pu admirer un pic-vert en train de cogner sur un tronc d’arbre (enfin on se demande si c’est bien un pic-vert vu qu’il avait la tête toute rouge, mais bref, il cognait…), et on a traversé de belles forêts, mélange d’arbres morts et de feuilles bien vertes, c’était joli. Une rivière bien sûr, le Rio Torre, couleur bleu glacier, et enfin, au bout de 3 heures, la lagune et le glacier. Bon, on n’y est pas trop restés, vu qu’à ce moment là il pleuvait et ventait vraiment pas mal, mais bref, avec le soleil ça doit être très beau. Sans, évidemment ça l’est moins, mais ça a au moins sonné l’heure du repas puis du retour, et ça fait du bien au moral !

 

Voilà donc une bonne mise en jambe, parce que l’objectif de la semaine prochaine est de partir 4 jours et 3 nuits en trek, tente et sacs de couchage à l’appui, dans le parc naturel Torres del Paine, au Chili. Ça sera alors notre tour de nous cailler sous une tente, et d’essayer d’aimer ça, en tout cas c’est une rando qui permet d’avoir des vues magnifiques sur des lacs et des glaciers, et on a envie de tenter l’aventure, il faut donc un peu d’entrainement !

 

En tout cas on pense se reposer demain et repartir lundi en promenade la journée.. Après il sera temps de revenir un peu à la civilisation, et de reprendre des bus direction le sud, et la Patagonie chilienne. Nature quand tu nous tiens, on aime vraiment être ici !

 

 

Dimanche 29 et lundi 30 novembre :

 

Pression : 1000.

Température : 0 (voire moins).

Vent : glacial avec de bonnes bourrasques.

Précipitations : un peu, entre neige et eau

 

Le groupe de parapentistes et montagnards français nous ayant appris à déchiffrer les bulletins météo un peu plus techniques, on a compris hier que le beau temps ne serait pas vraiment au rendez-vous, ni hier, ni aujourd’hui lundi.

 

Hier, c’est pas plus mal tombé. On a passé un dimanche comme ça faisait longtemps : sommeil, bon petit dej, petite ballade, farniente, lecture, énorme goûter avec ces viennoiseries qui sont définitivement très bonnes, bref dimanche à l’abri. De toute façon c’était difficile de faire autrement. Un vent fort et froid, une pluie fine qui s’est vite transformée en pluie drue à la fin de la journée. Et le froid, aie aie aie, qui te transperce ton blouson, ton bonnet, ton collant et qui te congèle sur place ! Ah oui, vous pouvez constater qu’encore une fois on est habillés hyper sexy, et l’un et l’autre d’ailleurs, on a sorti notre panoplie collants, gants, bonnets, polaires, sous pulls et blousons, ça nous va à ravir.

 

On n’est donc pas partis en rando, on a préféré rester au chaud (relatif) de notre petite pension. On n’est pas assez dingues de ça, en tout cas on est loin de ressembler à notre groupe de campeurs français, ceux qui campent depuis 3 nuits devant notre fenêtre, et qui continuent à nous épater, parce que rien ne leur sera épargné, ni les marches dans le froid glacial, ni les fin d’après-midi hivernales, ni les douches à l’extérieur, ni la pluie et le vent, surtout ce vent qui gèle tout sur son passage. Enfin bon ils tiennent bien le coup, sans avoir été abrités depuis longtemps, ils s’étirent devant leurs tentes et font des contorsions pour y rentrer, franchement déjà à 20 ans j’admire, mais eux, ils ont bien 50-60 ans, ça me laisse bouche bée.

 

Bref, on n’est pas non plus aussi sportifs que notre groupe de français, qui eux sont partis hier, pour camper une nuit. Ils sont revenus aujourd’hui et nous ont expliqué avoir essayé de dormir sous une tempête de neige et de vent, bref ils étaient contents de rentrer, eux aussi.

 

Donc voilà, nous on est plutôt du genre randonneurs du dimanche, et pour moi c’est bien suffisant. Arnaud aurait surement tenté une marche plus longue aujourd’hui, mais mes arguments démontrant que marcher pour se cailler, pour ne rien voir, pour être mouillés, franchement moi ça ne me disait rien, il s’est rendu à l’évidence, et a rabattu ses couvertures sur son nez…profitons de notre journée pour glandouiller.

 

Aujourd’hui ça a été une autre paire de manches pour convaincre mon petit mari que ce n’était pas le bon jour non plus pour aller faire 20 kilomètres. Et, devant un coin de ciel bleu, une accalmie des vents, et un froid bien relatif, j’ai perdu, j’ai dû capituler et enfiler mon collant magique, chausser mes baskets de toujours, trouver mes gants et mon bonnet, et me mettre en route. Bien essayé, mais quand même, le côté sportif et challenging d’Arnaud nous a fait prendre le chemin du Fitz Roy, avec, obtenue à l’arrachée, la promesse que si le temps se gâtait, on ferait demi-tour rapidement, on n’irait pas jusqu’au bout.

 

Et on peut dire qu’on n’a pas eu mauvais temps. Bon, pas assez beau pour avoir des vues dégagées sur les sommets environnants, pas assez beau non plus pour pique-niquer paresseusement au soleil, pas assez beau pour ne pas enlever définitivement gants et bonnets. Mais bon, on n’a quand même pas eu trop froid, c’est déjà ça. Et on s’est arrêtés à la Laguna Capri, petit lac aux eaux bien transparentes, parce que la suite du chemin s’enfonçait dans le brouillard et que d’autres randonneurs nous indiquaient neige et vents forts. Donc petite rando de 3 heures, c’était joli et assez agréable. Et pause dans notre boulangerie fétiche au retour pour acheter notre 4 heures, rien que ça ça te remet d’aplomb !

 

Ce soir la pension est emplie de français, c’est hallucinant. Seuls deux hollandais sont perdus au milieu de nous tous, sinon on se croirait dans un refuge à Chamonix. Enfin non, pas vraiment quand même. Il manque la fondue, la raclette, la tartiflette, le saucisson et tout ce dont on pourrait avoir envie avec ce froid et ces montagnes. Ce soir ça sera pâtes avec sauce tomate et thon, tout de suite c’est moins bon, mais on va essayer de finir les conserves qu’on avait emmenées ici, ça pèse bien lourd !

 

 

Mardi 1er et mercredi 2 décembre

 

Ça y est, on est en décembre.. Et remarque niveau climat ici c’est bien dans nos standards hivernaux français, il fait bien froid, au sud de la Patagonie !

 

Hier matin on a quand même un peu plus pu profiter d’El Chalten et des environs, le soleil a un peu montré son nez, on est donc partis se promener jusqu’à une cascade, et c’était pas mal. Condors sur la route, c’est assez magique. Ce n’était pas franchement une petite marche, vu que quand même ça nous a pris deux heures aller-retour, mais ça nous a dégourdi les jambes. Et le froid vif qui vient « caresser » ton petit minois, ça te rafraichit, j’espère au moins que ça raffermit les pores, ça serait déjà au moins ça de gagné !

 

En tout cas on a fait de belles rencontres à El Chalten, et on a passé une très bonne soirée mardi soir. Une énorme tablée de français, des bières, du fromage, du vin et des pates, on a parlé randonnée et alpinisme pendant toute la soirée, ça nous change. On a rencontré deux français qui font un tour du monde, mais plutôt pour le trekking, résultat ils nous ont semblé très pros, 3 semaines de marche au Népal, 3 semaines en Mongolie, 2 semaines prévues dans le coin, bref on ne joue pas dans la même cour ! Et ne pas se laver de 12 jours ne les effraie pas, quand on aime, apparemment on ne compte pas !!

 

En tout cas c’est top puisqu’on est entrain de préparer une grande rando dans le massif du Torres del Paine, et qu’on va partir à 7, avec le groupe de 5 français qu’on a rencontré. Ils sont guides de haute montagne à l’Alpe d’Huez, profs de parapente et kinés, ils marchent depuis une vingtaine d’année, ils montent des sommets partout dans le monde et nous ont proposé de les suivre à partir de demain.. On va être bien entourés, maintenant à nous de voir si on est bien à la hauteur, attention, eux ils ont de l’expérience !

 

On est donc depuis hier soir à Puerto Natales, cette fois au Chili. On a passé la frontière hier soir, à 21h30 il faisait grand jour, c’était encore irréel. La ville est un peu hallucinante, on a déjà l’impression d’être au bout du monde, maisons en tôle, en bois, des couleurs, et un petit sentiment d abandon, de l herbe un peu partout, et du vent, encore du vent ! Enfin bon les gens semblent accueillants, et les pizzas sont bonnes, on vient de s en faire une à midi et ça fait beaucoup de bien, ça va nous donner des forces avant le grand départ.

 

Donc pour le programme, on part demain pour 4 nuits et 5 jours dans le parc national de Torres del Paine, et on va aller à la rencontre des glaciers, des fjords et des icebergs. C’est un trek hyper connu, autour de 200 000 randonneurs par an, ça a l’air très organisé, et ça l’est d’autant plus qu’on est avec des professionnels !! J’appréhende un peu les randos avec les sacs à dos, mais Arnaud est ravi d’aller marcher avec des sportifs, il est d’accord pour porter un peu plus que moi, donc je pense que ça va bien se passer !

Par A&S - Publié dans : Argentine
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