Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 20:24

 

Vendredi 27 novembre :

 

On a quitté El Calafate ce matin tôt pour rejoindre El Chalten, pueblo point de départ pour de nombreux treks dans le nord du parc national des glaciers. Ici pas de signaux pour les téléphones portables, casi pas d’internet, un ATM et une route goudronnée jusqu’à El Calafate depuis très peu, on est encore une fois bien loin de tout ! En tout cas, je ne sais pas si c’est parce que ça sent la fin, mais on n’arrête pas en ce moment, je sens qu’on veut en profiter à fond, tant mieux comme ça mais il va falloir qu’on arrive à dormir un peu plus tard que jusqu’à 6h30 un de ces quatre, sinon on ne va pas arriver entiers à Ushuaia !

 

Bref, les bus partaient soit à 8h soit à 13h, on a donc préféré prendre le premier histoire de profiter de l’après-midi tranquilles. Adieux grasses matinées, mais hommage au soleil, puisqu’après le déluge de vent et de pluie d’hier soir, il a fait grand beau aujourd’hui, c’était phénoménal. D’ailleurs ça fait une semaine qu’on n’a pas vu la nuit, même en se couchant à 22h30 il ne fait pas encore vraiment sombre, et quand on ouvre les yeux, même tôt, c’est déjà plein soleil. Enfin ça n’a pas l’air de trop les déranger puisque même ici il n’y a pas de volets, des petits rideaux blancs de rien du tout, bref on commence à avoir l’habitude de dormir avec les masques pour les yeux qu’ils te donnent dans les avions !

 

Route magnifique, à travers plaines, steppes, lac Argentino puis lac Viedma. Couleurs turquoises, glaciers en arrière fond, et tout à coup, le massif du Fitz Roy, impressionnant. C’est lui qu’on est venu voir, et il nous a accueilli majestueusement, car avec ce soleil c’était vraiment magnifique. On a retrouvé les Andes, ouf ça commençait à nous manquer. Sauf que là, ça diffère des Andes boliviennes ou péruviennes. D’abord on est bas, puisqu’au niveau de la mer, et le massif culmine « seulement » à 3500m d’altitude. En Bolivie c’était un tout petit minimum ! Ensuite c’est une des premières fois qu’on voit des sommets enneigés. Et c’est très beau. Du blanc immaculé, des glaciers en arrière fond, des nuages tous plats qui s’y accrochent, on a eu un superbe spectacle cet aprem.

 

Le bus a mis 3 heures à faire le chemin, il faisait un vent de dingue mais on est arrivés à bon port. Et encore une fois on n’a pas trop galéré pour trouver un lit. Des anglais nous avaient parlé d’une pension pas mal et pas trop chère, on s’était plus ou moins renseignés sur les prix pratiqués, donc on s’est rendus directement au camping El Refugio, on a une chambre pour nous, c’est très propre et dans notre budget, on y est donc restés. On est au beau milieu du village, bien situés donc, ça fera l’affaire, même si on est encore dans des lits superposés !!!

 

Soleil de dingue, et prévisions météo plutôt pluvieuses pour les 2 jours à venir, alors plutôt que de se poser tranquillous dans le pré d’à côté avec un bouquin, on est partis en ballade cet après-midi. Le coin est vraiment mignon, et ça nous change de voir ces sommets enneigés et la campagne verdoyante environnante. Après les déserts patagoniens, c’est bizarre de constater cette différence dans les paysages, à seulement 3 heures de bus !

 

On a opté pour une mini randonnée, jusqu’à deux miradors, histoire d’observer le massif du Fitz Roy ainsi que le lac Viedma. Chemins bien balisés, super bon accueil des rangers qui donnent plein d’infos, bref c’était très bien, pas trop dur, parfait pour une remise en forme. On a même vu des condors, attention c’est peu dire, des aigles aussi et plein d’autres oiseaux dont on ne connaît pas le nom. Des belles fleurs rouges qui nous ont permis de faire des photos un peu kitsch, un couple de suisses qu’on arrête pas de croiser depuis Rio Gallegos, un petit lac et de beaux points de vue.

 

Et on vient de se poser, ah, joie bonheur dans nos petits lits superposés. Goûter avec leurs petites viennoiseries argentines, franchement leurs croissants à la crème ne sont pas mal du tout, et moments à ne rien faire, si si, ça existe, même pendant un tour du monde on n avait oublié ce que c’était, ça fait trop du bien !

 

 

Samedi 28 novembre :

 

16h, on est de retour dans notre petit refuge, crevés mais pas trop, et bien contents de notre journée. Le vent souffle très fort, on est bien à l’abri sous nos couvertures, et on regarde à la fenêtre le champ à côté de notre chambre, dans lequel sont plantées une dizaine de tentes.

 

Et oui, un groupe de fous du camping est arrivé hier, moyenne d’âge la bonne cinquantaine, ils ont monté leur tente en moins de deux puis sont partis hyper équipés pour une petite randonnée. Le soir, pendant qu’on était bien tranquilles à refaire le monde, au chaud, avec deux français qui viennent de passer deux ans à San Paulo, on les a observés aller se doucher dans la cabiotte au fond du jardin, et faire du feu histoire de préparer leur repas. Plein vent, au froid, capuches et polaires de sortie, franchement je me demande comment tu peux arriver à aimer ça. Surtout à deux mètres d’une bonne maison en dur…

 

Bref, tout ça pour dire que ça fait du bien de se retrouver à l’abri du vent, ça souffle dans ce pays ! On a passé la journée dehors, sur le sentier de la Laguna Torre, et il ne nous a pas vraiment quitté. Au lever, ce matin, il pluvinait, le temps était couvert, mais bon, on s’est habillés, et on ne s’est pas dégonflés, on est partis pour nos 22 kilomètres de marche. Les cartes indiquaient 6h de marche aller-retour, un tout petit dénivelé de 250 mètres, et surtout la promesse de voir le Glacier Grande de près, et le lac devant qui va avec, la laguna Torre. On pouvait aussi observer le Cerro Torre, mont voisin du Fitz Roy, tout enneigé, mais ça n’a pas été super possible, le temps est resté bien gris.

 

Bref, on s’est dit qu’on essayait, et qu’on rebrousserait chemin si jamais le temps se gâtait. Au final, on est allés jusqu’au bout. Bon, j’ai bien râlé un peu contre les rafales de vent et la pluie qui est venue nous chatouiller assez régulièrement, mais au final c’était assez facile, et assez agréable. Un énorme lapin nous a accueilli à l’entrée du sentier, on a pu admirer un pic-vert en train de cogner sur un tronc d’arbre (enfin on se demande si c’est bien un pic-vert vu qu’il avait la tête toute rouge, mais bref, il cognait…), et on a traversé de belles forêts, mélange d’arbres morts et de feuilles bien vertes, c’était joli. Une rivière bien sûr, le Rio Torre, couleur bleu glacier, et enfin, au bout de 3 heures, la lagune et le glacier. Bon, on n’y est pas trop restés, vu qu’à ce moment là il pleuvait et ventait vraiment pas mal, mais bref, avec le soleil ça doit être très beau. Sans, évidemment ça l’est moins, mais ça a au moins sonné l’heure du repas puis du retour, et ça fait du bien au moral !

 

Voilà donc une bonne mise en jambe, parce que l’objectif de la semaine prochaine est de partir 4 jours et 3 nuits en trek, tente et sacs de couchage à l’appui, dans le parc naturel Torres del Paine, au Chili. Ça sera alors notre tour de nous cailler sous une tente, et d’essayer d’aimer ça, en tout cas c’est une rando qui permet d’avoir des vues magnifiques sur des lacs et des glaciers, et on a envie de tenter l’aventure, il faut donc un peu d’entrainement !

 

En tout cas on pense se reposer demain et repartir lundi en promenade la journée.. Après il sera temps de revenir un peu à la civilisation, et de reprendre des bus direction le sud, et la Patagonie chilienne. Nature quand tu nous tiens, on aime vraiment être ici !

 

 

Dimanche 29 et lundi 30 novembre :

 

Pression : 1000.

Température : 0 (voire moins).

Vent : glacial avec de bonnes bourrasques.

Précipitations : un peu, entre neige et eau

 

Le groupe de parapentistes et montagnards français nous ayant appris à déchiffrer les bulletins météo un peu plus techniques, on a compris hier que le beau temps ne serait pas vraiment au rendez-vous, ni hier, ni aujourd’hui lundi.

 

Hier, c’est pas plus mal tombé. On a passé un dimanche comme ça faisait longtemps : sommeil, bon petit dej, petite ballade, farniente, lecture, énorme goûter avec ces viennoiseries qui sont définitivement très bonnes, bref dimanche à l’abri. De toute façon c’était difficile de faire autrement. Un vent fort et froid, une pluie fine qui s’est vite transformée en pluie drue à la fin de la journée. Et le froid, aie aie aie, qui te transperce ton blouson, ton bonnet, ton collant et qui te congèle sur place ! Ah oui, vous pouvez constater qu’encore une fois on est habillés hyper sexy, et l’un et l’autre d’ailleurs, on a sorti notre panoplie collants, gants, bonnets, polaires, sous pulls et blousons, ça nous va à ravir.

 

On n’est donc pas partis en rando, on a préféré rester au chaud (relatif) de notre petite pension. On n’est pas assez dingues de ça, en tout cas on est loin de ressembler à notre groupe de campeurs français, ceux qui campent depuis 3 nuits devant notre fenêtre, et qui continuent à nous épater, parce que rien ne leur sera épargné, ni les marches dans le froid glacial, ni les fin d’après-midi hivernales, ni les douches à l’extérieur, ni la pluie et le vent, surtout ce vent qui gèle tout sur son passage. Enfin bon ils tiennent bien le coup, sans avoir été abrités depuis longtemps, ils s’étirent devant leurs tentes et font des contorsions pour y rentrer, franchement déjà à 20 ans j’admire, mais eux, ils ont bien 50-60 ans, ça me laisse bouche bée.

 

Bref, on n’est pas non plus aussi sportifs que notre groupe de français, qui eux sont partis hier, pour camper une nuit. Ils sont revenus aujourd’hui et nous ont expliqué avoir essayé de dormir sous une tempête de neige et de vent, bref ils étaient contents de rentrer, eux aussi.

 

Donc voilà, nous on est plutôt du genre randonneurs du dimanche, et pour moi c’est bien suffisant. Arnaud aurait surement tenté une marche plus longue aujourd’hui, mais mes arguments démontrant que marcher pour se cailler, pour ne rien voir, pour être mouillés, franchement moi ça ne me disait rien, il s’est rendu à l’évidence, et a rabattu ses couvertures sur son nez…profitons de notre journée pour glandouiller.

 

Aujourd’hui ça a été une autre paire de manches pour convaincre mon petit mari que ce n’était pas le bon jour non plus pour aller faire 20 kilomètres. Et, devant un coin de ciel bleu, une accalmie des vents, et un froid bien relatif, j’ai perdu, j’ai dû capituler et enfiler mon collant magique, chausser mes baskets de toujours, trouver mes gants et mon bonnet, et me mettre en route. Bien essayé, mais quand même, le côté sportif et challenging d’Arnaud nous a fait prendre le chemin du Fitz Roy, avec, obtenue à l’arrachée, la promesse que si le temps se gâtait, on ferait demi-tour rapidement, on n’irait pas jusqu’au bout.

 

Et on peut dire qu’on n’a pas eu mauvais temps. Bon, pas assez beau pour avoir des vues dégagées sur les sommets environnants, pas assez beau non plus pour pique-niquer paresseusement au soleil, pas assez beau pour ne pas enlever définitivement gants et bonnets. Mais bon, on n’a quand même pas eu trop froid, c’est déjà ça. Et on s’est arrêtés à la Laguna Capri, petit lac aux eaux bien transparentes, parce que la suite du chemin s’enfonçait dans le brouillard et que d’autres randonneurs nous indiquaient neige et vents forts. Donc petite rando de 3 heures, c’était joli et assez agréable. Et pause dans notre boulangerie fétiche au retour pour acheter notre 4 heures, rien que ça ça te remet d’aplomb !

 

Ce soir la pension est emplie de français, c’est hallucinant. Seuls deux hollandais sont perdus au milieu de nous tous, sinon on se croirait dans un refuge à Chamonix. Enfin non, pas vraiment quand même. Il manque la fondue, la raclette, la tartiflette, le saucisson et tout ce dont on pourrait avoir envie avec ce froid et ces montagnes. Ce soir ça sera pâtes avec sauce tomate et thon, tout de suite c’est moins bon, mais on va essayer de finir les conserves qu’on avait emmenées ici, ça pèse bien lourd !

 

 

Mardi 1er et mercredi 2 décembre

 

Ça y est, on est en décembre.. Et remarque niveau climat ici c’est bien dans nos standards hivernaux français, il fait bien froid, au sud de la Patagonie !

 

Hier matin on a quand même un peu plus pu profiter d’El Chalten et des environs, le soleil a un peu montré son nez, on est donc partis se promener jusqu’à une cascade, et c’était pas mal. Condors sur la route, c’est assez magique. Ce n’était pas franchement une petite marche, vu que quand même ça nous a pris deux heures aller-retour, mais ça nous a dégourdi les jambes. Et le froid vif qui vient « caresser » ton petit minois, ça te rafraichit, j’espère au moins que ça raffermit les pores, ça serait déjà au moins ça de gagné !

 

En tout cas on a fait de belles rencontres à El Chalten, et on a passé une très bonne soirée mardi soir. Une énorme tablée de français, des bières, du fromage, du vin et des pates, on a parlé randonnée et alpinisme pendant toute la soirée, ça nous change. On a rencontré deux français qui font un tour du monde, mais plutôt pour le trekking, résultat ils nous ont semblé très pros, 3 semaines de marche au Népal, 3 semaines en Mongolie, 2 semaines prévues dans le coin, bref on ne joue pas dans la même cour ! Et ne pas se laver de 12 jours ne les effraie pas, quand on aime, apparemment on ne compte pas !!

 

En tout cas c’est top puisqu’on est entrain de préparer une grande rando dans le massif du Torres del Paine, et qu’on va partir à 7, avec le groupe de 5 français qu’on a rencontré. Ils sont guides de haute montagne à l’Alpe d’Huez, profs de parapente et kinés, ils marchent depuis une vingtaine d’année, ils montent des sommets partout dans le monde et nous ont proposé de les suivre à partir de demain.. On va être bien entourés, maintenant à nous de voir si on est bien à la hauteur, attention, eux ils ont de l’expérience !

 

On est donc depuis hier soir à Puerto Natales, cette fois au Chili. On a passé la frontière hier soir, à 21h30 il faisait grand jour, c’était encore irréel. La ville est un peu hallucinante, on a déjà l’impression d’être au bout du monde, maisons en tôle, en bois, des couleurs, et un petit sentiment d abandon, de l herbe un peu partout, et du vent, encore du vent ! Enfin bon les gens semblent accueillants, et les pizzas sont bonnes, on vient de s en faire une à midi et ça fait beaucoup de bien, ça va nous donner des forces avant le grand départ.

 

Donc pour le programme, on part demain pour 4 nuits et 5 jours dans le parc national de Torres del Paine, et on va aller à la rencontre des glaciers, des fjords et des icebergs. C’est un trek hyper connu, autour de 200 000 randonneurs par an, ça a l’air très organisé, et ça l’est d’autant plus qu’on est avec des professionnels !! J’appréhende un peu les randos avec les sacs à dos, mais Arnaud est ravi d’aller marcher avec des sportifs, il est d’accord pour porter un peu plus que moi, donc je pense que ça va bien se passer !

Par A&S - Publié dans : Argentine
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