Partager l'article ! Inoubliable trek dans les Torres del Paine: Du 3 au 8 décembre : Mardi 8 décembre, 19h, grand soleil, chaleur, ...
Du 3 au 8 décembre :
Mardi 8 décembre, 19h, grand soleil, chaleur, crème solaire et lunettes de soleil obligatoires, on vient de passer la journée à ne rien faire à Puerto Natales et ça fait du bien.. On s’est même offert une bonne petite glace sur le chemin de notre petit tour dans la ville, en l’honneur de notre trek, du soleil, de la fin du tour du monde et des bons moments de la vie en général… Mon grand père paternel est décédé la semaine dernière, et encore une fois ça nous ramène au concept qu’on a mis en application tous les jours en 2009, profitons de chaque jour et faisons en sorte de faire ce qu’il nous plait le plus souvent possible, ça sera ça de pris et toujours ça de gagné…
On revient donc de notre « expédition trek et sacs à dos » dans le parc naturel des Torres del Paine et c’était incroyablement génial.
Génial d’abord, parce qu’on a passé 5 très bons jours avec Mathieu, Perrine, Pauline, John et Pierre, passionnés de montagnes et de sommets, âgés de 25-26 ans, connaisseurs du camping, des treks en autonomie, et de la montagne en général, c’était top d’entreprendre l’aventure avec eux, on a bien rigolé et on s’est bien soutenus.
Génial ensuite parce qu’on a eu un temps inespéré. On avait bien attendu exprès la fin du voyage pour descendre en Patagonie, puisque plus on se rapproche de l’été austral plus les risques de beau temps sont grands, enfin bon jamais on aurait cru avoir 5 jours de beau temps, très peu de vent et surtout très peu de froid. Je m’imaginais devoir marcher sous la pluie, voire la neige, pendant de longues heures, puis devoir m’emmitoufler dans mon duvet habillée de mon goretex, et bien pas du tout, on a pu profiter, et apprécier, être dehors nuit et jour pendant cette petite semaine. Seul le premier jour a été venté, au point même de m’avoir fait peur, j’ai cru que ça allait me soulever tellement que c’était puissant. Arnaud s’est rapproché et m’a aidé à marcher, mais même à deux, serrés l’un contre l’autre, et épaissis du poids de nos sacs à dos, on arrivait difficilement à avancer, le vent nous jetait par terre voire nous déséquilibrait vraiment, le passage dans cette vallée a été bien difficile. Sinon, beau temps, voire même chaleur les deux derniers jours. Nous qui avions loué des pantalons imperméables et les sacs de couchage les plus résistants au froid de Puerto Natales (ils pouvaient aller jusqu’à moins 18 degrés), nous étions presque suréquipés.. Enfin bon tout est relatif puisque même si je n’ai pas eu froid, j’étais bien contente le soir de me glisser dans ce duvet bien épais, habillée quand même de mon fuseau, restons raisonnable !
Incroyable aussi, puisque c’était la première fois qu’on partait en rando en autonomie, sacs de couchage, tente et nourriture prévus pour le trek, sans ravitaillement. Heureusement que nos savoyards étaient là, ils nous ont montré comment préparer ce genre de mini expédition, et jamais j’aurai cru faire ça de ma vie ! Au programme : la chasse au poids. On a commencé par aller faire les courses les plus light possible.
Aux menus : un peu la même chose chaque jour, mais c’était bien pensé. Le matin, petit dej café ou cacao, et pain avec confiture. Attention, oubliez la brique de lait, tout était lyophilisé, c’est beaucoup moins lourd, donc c’était lait en poudre. A midi, pas de chaud, histoire de ne pas avoir à sortir de réchaud, de couteaux, bols etc et de devoir faire la vaisselle. Donc, au menu, sandwichs avec pâté ou jambon, et fromage. On avait calculé le fromage à la tranche près, 3 tranches chacun sur 5 midis, et idem pour la « viande ». On a découvert le pâté chilien en forme de saucisse en plastique, c’est finalement aussi bon que notre pâté à nous en conserve, c’est juste la forme qui change, mais on était ravis de constater que ce n’était pas si mauvais ! Et le soir, c’est parti pour la popote, attention, soupe lyophilisée style Knoor, suivie de pâtes, 250 grammes chacun par soir (choisies selon leur cuisson la plus rapide possible), accompagnées d’une sauce tomate et de parmesan, attention le luxe. Pour arroser le tout, eau des torrents, glacée mais potable et purissime en fait, et une bouteille de vin par soir, il ne faut quand même pas se laisser abattre. Certes c’est lourd dans le sac à dos, mais ça vaut vraiment la peine ! En dessert, petit thé et une tablette de chocolat par soir, qu’est-ce que ça fait du bien de manger ces délicieux carreaux sans culpabilité aucune, on a marché en tout 76 kilomètres, c’était donc bien mérité !
Chasse au poids ensuite au niveau de l’équipement. Mathieu nous avait dit de bien demander les poids en louant le matériel, donc on a essayé de prendre le plus light possible. Mais bon, au final, le sac à dos d’Arnaud pesait bien 15 kilos : 1 tente avec tous les piquets, les sacs de couchage bien épais, un peu de nourriture, un peu de pharmacie, ça va assez vite.. Bon, ce ne sont ni les affaires de rechange ni les savons qui ont pesé, puisqu’en gros on n’en avait pas… On avait un set de rechange seulement (on vous laisse imaginer), et ni gel douche ni pas grand-chose d’autre, vu qu’on n’allait pas se laver, inutile de se charger… Un tour du monde ça vous change quand même un peu, parce que vous nous auriez dit début 2009 qu’on allait transpirer comme des dingues et ne pas se laver pendant 5 jours je crois qu’on n’aurait pas suivi. Mais là si, on a fait notre sac en fonction, et on est partis en souriant… Résultat on a quand même coulé marron sous la douche en rentrant de l’hôtel, on a aussi reculé devant l’odeur quand on a fait notre pile de linge sale à porter à la laverie, c’était assez incroyable !!!!!!!!!! On avait quand même bien trempé nos pieds dans un torrent le troisième soir, Arnaud avait aussi eu le courage d’enlever le haut et de se frotter un peu avec du savon, mais c’était loin d’être suffisant, franchement on a dû en rebuter plus d’un dans le bus du retour, bref bref bref…
Pour la petite histoire j’étais la moins chargée des sept, ils m’ont bien épargnée. Il faut dire que je ne pensais pas pouvoir les suivre, je pensais me transformer en boulet du groupe, je leur avais bien dit que je n’avais pas d’entrainement. Résultat j’ai porté les tapis de sol (plus léger tu meurs), les vêtements, une bouteille de vin (jusqu’au dernier jour quand même !!), le pain et je me suis auto désignée préposée à la poubelle, vu qu’on devait les garder avec nous pour ne les jeter qu’aux refuges sur le chemin.. Ça ce n’était pas le plus lourd mais bon, avec une bouteille vide par soir, c’était toujours ça que les autres n’ont pas dû porter. Il n’empêche, j’ai fini par avoir mal aux crétillacs (on était avec des kinés on a appris des mots), et Arnaud, même en galopant en tête, a bien eu mal au dos, on a été des bons bourricots, on a bien monté nos charges !
Inoubliable expérience car les chemins sont très beaux. Vues sur les lagunes azures ou couleur bleu glacier un peu laiteux, icebergs qui se promènent, glaciers aussi grands que le Perito Moreno qu’on pourrait toucher tellement ils sont près.. plages de galets ou de sable noir, petits canards, montagnes enneigées autour de nous, condors à profusion, petits arbustes et bosquets de fleurs rouges magnifiques, on est contents de nos photos. Soleil jusqu’à 22 heures, crème solaire 50, traversée de petits ruisseaux sur des ponts de fortune en bois, on était bien.
Les sentiers ne sont pas si difficiles. Il y a bien sûr de longues montées et des descentes pleines de cailloux, mais globalement, seul l’avant dernier jour a été difficile, on a eu un dénivelé de 800 mètres à monter, avec des pentes pleines de sable et quelque fois casi verticales, j’ai bien cru que jamais ça ne finirait. Sinon, c’était de longues journées de marche, puisqu’on avait un peu moins de 20 kilomètres à faire quotidiennement, mais on avait des moments de plat relatif, ça allait. Enfin bon, ils avaient un bon rythme quand même, malgré l’entorse de Pauline, je crois bien que jamais je n’avais marché aussi vite ! Mais bon, le temps est quand même vite passé.. une fois tu refais le monde avec une des filles, une fois tu marches toute seule, une fois ton Arnaud t’attend et ralentit une demi-heure pour rester avec toi, résultat ça passe, ça passe !
C’était top aussi parce que bien sûr, on n’a pas fait les choses exactement comme tout le monde et on a beaucoup apprécié. Le parcours est jalonné de campings payants et d’aires de campements gratuits. Mais bien sûr, nous on a préféré trouver notre propre campement. On n’a pas été du genre à planter notre tente à deux centimètres de notre voisin ! Résultat les garçons nous ont trouvé des endroits magnifiques, plus ou moins bien cachés du champ de vision des rangers, mais c’est bien passé.
Première nuit sur une plage de sable noir, sur les berges du « lago grey », avec vue imprenable sur le glacier. Vaisselle et brossage de dents agenouillés au dessus du lac, coucher de soleil rien que pour nous, la classe. Le lendemain, campement dans la « valle del frances », littéralement au pied du glacier du même nom. Cette fois-ci, on s’est bien fait repérer car le sentier passait bien au dessus de notre endroit de prédilection, mais c’était magnifique. On a admiré des avalanches toute la soirée, et on a planté la tente entre la rivière et un petit lac, c’était très chouette. Seule soirée un peu ventée d’ailleurs. Arnaud, en allant faire la vaisselle, a laissé un coup de vent emporter notre casserole… Heureusement qu’on avait 3 casseroles pour 7, on a pu continuer le tour en mangeant chaud tous les soirs quand même.. Sinon, si on n’avait été tous les deux, on aurait eu un problème, car on n’aurait plus rien eu pour chauffer l’eau pour le café, les pâtes et le thé ! Enfin bon nous les débutants on était bien entourés, donc ça restera juste un bon souvenir, voir revenir Arnaud sans la popote et l’entendre dire qu’elle est partie avec le courant, c’était assez rigolo… !!
Troisième nuit sur un terrain un peu penché, mais avec vue sur le lac Nordenskjold, c’était très beau. C’est le soir où on s’est « lavés » dans la rivière, on a eu le sentiment de sentir un peu le propre c’est réconfortant. Et dernière nuit, attention attention, au pied des monts Torres del Paine, la grande classe, face à l’objectif des 5 jours de marche, il fallait le faire. Là, c’était assez dur en fait, puisque normalement, les randonneurs laissent leurs sacs au campement en aval, puis entreprennent cette montée très raide sans leurs sacs à dos. Mais nous, on voulait admirer et le coucher du soleil et le lever sur les tours, résultat on est montés avec les sacs. Tous les gens qui nous ont croisé nous ont demandé ce qu’on fabriquait, c’est clair que cette partie était difficile.
En arrivant on a été vraiment récompensés : le vent est tombé, les gens sont petit à petit redescendus, Pierre nous a trouvé un emplacement phénoménal pour les tentes car carrément abrité du peu de vent, et on s’est offert un repas pantagruélique.. D’abord Perrine a fêté ses 25 ans, donc on avait prévu des cakes, ensuite, on a profité de la nourriture de Pauline, Pierre et John : ils avaient prévu des vivres pour 8 jours car ils voulaient continuer un peu l’aventure, mais ont finalement décidé de redescendre avec nous, résultat on a eu droit à deux bouteilles de vin, à une double ration de pâtes, à du dulce de leche et à une tablette de choc supplémentaire, la grande classe. Bref, très belle soirée, avec les tours et leur lagune rien que pour nous. Et très beau lever du soleil. Il y avait quand même une vingtaine de passionnés qui eux s’étaient levés à 4h du mat pour pouvoir être sur le site à 5h, mais nous, aussitôt levés aussitôt recouchés dans notre duvet bien chaud, c’était grand luxe.
Donc voilà, c’était une très belle expérience. J’ai apprécié le camping au milieu de nulle part, la marche et le corps qui suit alors que je ne m’en pensais pas capable. On a apprécié ces moments de calme, où tu perds un peu la notion du temps, et ses soirées tranquilles en buvant notre vin dans nos tasses en plastique.. C’est sûr, je ne ferai pas des randos de 15 jours, parce que c’est dur physiquement et que c’est loin d’être confortable, mais on est désormais prêts à des petits bivouacs de 3-4 jours, en plein été.. Du beau temps, un bon bouquin, du saucisson, une bonne bouteille et de bons duvets, des torrents un peu moins froids dans lesquels tu peux te laver un peu, et franchement c’est super de faire le vide comme ça et de profiter de paysages magnifiques ! Nos guides nous ont en plus donné plein d’idées de randos faciles à faire en France, alors peut être qu’un jour on achètera une tente, qui sait ???
Voili voilou. 20 heures maintenant, et toujours ce sentiment qu’il est 15 heures vu le soleil qu’il y a, on va aller préparer un peu à manger.. Des légumes, parce que quand même on en avait besoin. Demain finalement on n’ira pas direct à Ushuaia, on a tellement trainaillé aujourd’hui qu’en arrivant au guichet pour les tickets de bus, tout était plein pour demain (c’est la première fois du voyage que ça nous arrive), on ira donc à Punta Arenas. On va quand même quitter cette pension « Maria Jose (av Esmeralda), qui était bien parce qu’on avait une salle de bains pour nous, mais bon niveau bruit et propreté on repassera quand même.. Enfin bon leur wifi nous a bien servi aujourd’hui, c’est déjà ça, on est contents que vous puissiez profiter de nos aventures sans trop de retard !
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